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Les masques tombent

Les agences de travail temporaire sont le premier employeur d’architectes en France. L’agence n°1 gère plus de 300 salariés par mois pour le compte de 2 000 clients,son fichier d’intérimaires totalise 4 000 noms,elle reçoit chaque jour une trentaine de candidatures spontanées,son chiffre d’affaires dépasse les 10 millions d’euros; le réseau des écoles d’architecture est son vivier. Qu’en-pensez-vous? Le plus choquant c’est l’attitude générale de la profession d’architecte qui a précarisé le salariat dans ses agences depuis de nombreuses années. De ce point de vue il est temps de tout remettre à plat,en particuliers avec la situation nouvelle créée par la licence d’exercice HMO.

Tout à fait d’accord avec vous Dnxi. Les étudiants d’architecture sont la plus grosse Autruche que je connaisse. Dans les écoles d’archi on ne forme pas d’architectes maîtres d’œuvre mais des dessinateurs. Ce phénomène est voulu par les architectes/enseignants 68huitards qui s’en servent de leurs étudiants comme de dessinateurs gratos au sein de leurs agences…………………… Honnêtement entre nous,2 années d’études suffisent largement pour avoir un diplôme dplg qui rappelons le n’a aucune notoriété ni au sein du milieu professionnel ni au sein du milieu universitaire de France. Pourquoi gonfler le processus à 6 années minimum d’études foireuses pour finir au mieux dessinateur et au pire chômeur? Ceci explique bien la présence d’un lobby très puissant au sein des écoles d’architecture pour perpétuer le système en sa faveur même si la France est en faillite aujourd’hui à cause des dépenses faramineuses de la fonction publique. Et d’ailleurs pourquoi on continue à former des architectes malgré la situation catastrophique de la profession depuis plus de 20 ans? Qui a intérêt à perpétuer le système? Pourquoi cette attitude de l’autruche? Il est temps de dévoiler cette réalité aux jeunes étudiants pour les aider à échapper au rouleau compresseur de leurs futurs bourreaux avant qu’il en soit trop tard. Il est de notre devoir de mettre en garde les responsables politiques sur la perpétuité de ces dérives irresponsables graves………………….. Cordialement………………….. Revitman

Je souhaite faire un agrandissement de ma maison et passer par un architecte. Souhaitant en voir 2 ou 3,je ne sais pas si je vais devoir payer ces 2 ou 3 architectes pour le travail des plans effectué ou si je ne paie que celui que je retiens pour le dépôt de permis de construire ?

Voici ce que je conseille: une consultation ouverte à plusieurs architectes sur esquisse rémunérée au forfait; selon la somme dont vous disposez vous consultez un,deux,trois …architectes; tous sont rémunérés pour leur esquisse. Vous choisissez l’esquisse qui vous convient le mieux et poursuivez en phase avant-projet sommaire (aps) avec l’architecte retenu (rémunéré au forfait également). Une fois l’aps validé vous lancez le dossier de permis de construitre; le permis de construire une fois accordé vous pouvez lancer le dossier de plans d’éxécution,puis le suivi de chantier,qui sont eux rétribués au pourcentage des travaux – environ 10% ,moins les sommes forfaitaires déjà versées. Une esquisse se fait en une journée environ: à vous de fixer le taux horaire de votre architecte,mais comptez 45 euros de l’heure. Les esquisses vous appartiennent contre paiement,mais la propriété intellectuelle en reste à leur auteur (vous ne pouvez pas les exploiter à votre guise pour un projet bâti dans leur dos). Procédez donc par étapes successives et n’engagez l’étape suivante qu’une fois la précédente validée et rémunérée. Mettez ceci par écrit et au besoin faites signer. Sachez qu’un permis de construire peut-être refusé pour toutes sortes de raison. Le dossier définitif ne doit être engagé qu’une fois tous les conditions levées,de sorte que personne ne soit lésé.

HMO 2008-09 (843 pour 2025)

843 Habilitations accordées en 2008-2009 pour 2025 Diplomés d´Etat Architecte (selon document en ligne actuellement). Six diplomés sur dix ne pourront donc pas s´inscrire à l´Ordre des Architectes ou signer un permis de construire, sauf à moins de 170m² ; étrange retournement de situation : les diplomés d´Etat Architectes vont devoir s´accrocher au seuil des 170m²!!!

Quelques curiosités dans cette liste de chiffres: trois sur quatre diplomés dépourvus de HMO à Val-de-Seine, Versailles, Montpellier, Strasbourg / deux sur trois à Belleville, Marseille, Nancy, Rouen / (le reste autour de un sur deux, avec Rennes à un sur quatre, Marne-la-Vallée à deux sur dix et St-Etienne à un sur dix). Alors messieurs mesdames les excellents des écoles réputées?

Reste le cas de l´Ecole Spéciale d´Architecture sans HMo déclarée. Qu´en est-il précisément? Les DESA seraient-ils non entravés comme ceux de l´enseignement public ? Merci donc à l´Ecole Spéciale ou à la DAPA de communiquer à ce sujet, le principe d´égalité républicaine devant être respecté.

Conseilleurs .. pas payeurs.

“Les noms des grands architectes sont presque aussi connus dans le monde que ceux des grands footballeurs. L’architecture jouit aujourd’hui d’un statut tout à fait particulier. Menace-t-on de réduire de quelques mètres la tour que Nouvel va construire à Manhattan ? La presse s’émeut. Un grand vin de bordeaux veut-il accroitre le prestige de ses crus ? Il confie au bâtisseur de la cathédrale d’Evry la tâche de dessiner son nouveau chai. Un nouveau musée ouvre-t-il ses portes à Bilbao ou à Chicago ? Des foules se précipitent pour le découvrir,moins attirées par ce qu’il contient que par l’édifice lui-même.” Que pensez-vous des réflexions de Marc Augé dans l’article du journal Le Monde du 17 octobre “L’Architecture globale” ?

Intéressant que vous posiez la question sous la rubrique “Culture 2010″,l’architecture relevant bien des instances culturelles et politiques. De ce point de vue Marc Augé n’hésite pas à demander beaucoup aux architectes: “Qu’ils s’affranchissent de la culture du projet pour rester ou redevenir des visionnaires du monde”. C’est ce qu’on leur a demandé lors de la consultation internationale sur “Le Grand Pari(s)” (exposition visible Cité de l’Architecture jusqu’au 22 Novembre). Démonstration faite que les architectes de renom sont capables de s’affranchir de la culture dite du “projet” . A Bilbao cette culture est légitime ,l’architecture jouant son rôle social,ailleurs elle peut l’être moins – gigantisme fou,présence gesticulatoire,etc.. La question du logement,celle du logement social: pour y avoir participer – un millier dans les années 80 – encore faut-il que la monnaie tombe conséquemment (non merci). Passons sur la “rhétorique d’architecte apparentée à un plagiat d’idéologie d’entrepreneur”: les bâtiments ne tombent pas du ciel,y a de la technologie,ça se négocie,ça rentre dans les prix. Les projets financés par l’Etat ou les collectivités locales,”la culture de projet et les propos nécessairement un peu excessifs sur la signification de l’édifice qu’ils entendent bâtir”.Pensez au Paris des années 70,à l’opération “Front de Seine” par exemple. Le trop vaut mieux que le trop peu (more is more). Projets financés par l’Etat ou les collectivités locales,donc concours d’architecture publique,donc politique de l’enseignement de l’architecture – le filet de protection des titulaires ou vacataires des écoles participant à perte (les najas …). Effets colatéraux: le pullulement de DPLG – la France totalise à elle seule la moitié des agences d’architecture des 17 pays européens selon l’étude de secteur sur la profession d’architecte en Europe menée en 2008 par la société Mirza & Nacey pour le compte du Conseil des Architectes d’Europe (CAE) – et la paupérisation de la profession (la direction de l’architecture poursuit néanmoins sa politique de rénovation des écoles hors budget Culture selon rapport du Sénat “www.senat.fr/rap/l08-099-37/l08-099-374.html#toc62″ ). Pour finir,l’architecture est une profession libérale ,qui bien que réglementée,reste totalement libre – les conseilleurs ne sont pas les payeurs …

A propos de “Concours d’entrée École d’Architecte”
par SBob Sam 03 Oct 2009 sur “Cyberarchi.com”

Vous avez raison dnxi. Vous avez un minimum d’honnêteté intellectuelle en répondant au jeune initiateur de ce post. Je confirme que le métier de l’architecte est sans issue. Ceux qui ont fait des études d’architecture dans les années 80 et suivantes ce sont tous faits avoir. Car tout simplement il n’y a plus de travail dans la profession. La plus part des archi issus du star système ou de la noblesse parisienne se sont faits des filets de sécurité dans l’enseignement de l’architecture. Jamais de la vie on a entendu un seul de ces profs d’atelier mettre en garde les élèves sur le chômage massif qui frappent les architectes en France. Quasiment tous donnent une image idyllique et mythique sur la profession : Vous savez ceux qui imitent dans le genre le look de Corbu avec ses lunettes,ou le cigare de Mies,ou le chapeau de Wrigt. Il n’y a qu’à voir la situation déprimante de nombreuses agences d’architecture quand vous y débarquez la 1ere fois. Ce qui est frappant dans les études d’architecture c’est le flou total qui règne dans le contenu de la formation. Je suis rentré en 1988 à UP7 (Tolbiac) et ce qui m’avait frappé à l’époque ce sont les horizons divers et variés des étudiants inscrits en 1ere année : On avait de tout : Bac Maths,Bacheliers Scientifiques,bac Techniques,Bac Lettres,Bac Philo,Bts Dessin,Étudiants de médecines ayant abandonné leurs études,Deug A,Deug B,Étudiants en arts plastiques,etc….. La porte était absolument ouverte à n’importe qui pour faire des études pompeuses qui durent pas moins de 6 ans. Je dis pompeuses parce que faire 2 années histoire de l’archi depuis les pyramides d’Égypte jusqu’à la révolution industrielle,ensuite 1 an d’histoire de l’art,plus la philo,et la sociologie au bout d’un moment ça gave. Mais rien ne nous a été enseigné sur la réalité professionnelle; aucun lien entre l’enseignement théorique et la réalité sans pitié de l’entreprise. Il faut dire que les profs avaient tout intérêt à masquer cette réalité pour garder leur pigeons et justifier ainsi leur statut de fonctionaire,si non aucun élève ne resterait perdre sont temps pour finir sa vie archi-mort-chômeur. Rien que ça devrait dissuadé les jeunes (naifs) d’aujourd’hui d’éviter à tout prix ces études mortelles si non ils seront les pigeons sacrifiés tôt ou tard. Je termine cette petite remarque par un mot d’un architecte qui a jeté l’éponge et qui a eu le courage et l’honnêteté de nous dire pourquoi. David ventre : L’Architecture ? Non Merci. “…”Non merci ! (pourquoi je me retire de l’architecture)” par David Ventre,architecte Arrière petit fils,petit fils et fils d’architectes pour la plupart inscrits dans les annales,j’ai moi-même été lauréat de prix d’architecture (AJA,prix AMO,Prix National de la Réhabilitation). Le talent que quelques uns m’ont m’accordé n’y fait rien : dans ces batailles de guerriers,avec ces partenaires qui nous astreignent à leur diapason contentieux et procédural,nous passons tout notre temps à déjouer leurs pièges et perdons peu à peu notre œil,notre main,notre intellect pour guider notre pensée,notre sens pour garder notre humanité. Un gâchis ! Pourquoi ? Pour accepter d’être humilié,méprisé,ruiné ? NON MERCI ! Pour être court Primo : Un lycée d’une région de France,dont le projet était récemment exposé à la Maison de l’Architecture. Le dossier APD a été refusé par un client,conseillé par un officier sapeur-pompier,qui a exigé d’avoir tout d’un coup deux entités séparées alors que mon projet était un seul établissement. Pour un architecte,cela l’oblige à changer la plupart de ses plans,ses coupes,ses façades ! Pour motiver ses refus,le client a fait sous traiter à mon économiste la vérification de mes plans. Ce même client m’a convoqué de façon récurrente en abusant de façon unilatérale de ma disponibilité. Je n’ai été payé qu’à la remise d’un projet compatible avec toutes les exigences aux proportions swiftiennes du sapeur-pompier. J’avais un dossier de 60 plans “A0″,mon atelier n’a pu le supporter ! Une fois l’APD rendu après quatorze mois de travail continu,j’ai licencié tous mes salariés,dont le paiement des salaires a représenté la totalité de mes honoraires. Le client a alors réduit ces honoraires de 23 %. Il a même poussé l’extravagance d’appliquer des pénalités de retard sur des modifications qu’il avait lui-même demandées. Il tente aujourd’hui de faire payer par mes assurances deux mois de retard de l’entreprise. Actuellement je conduis presque seul un chantier de 12.000 m2 sur un terrain 2,5 hectares. Je n’ai pas eu les moyens d’embaucher qui que ce soit et le plein temps que demande ce chantier m’interdit toute prospection pour rebondir. Je n’ai pas pu m’inscrire à des concours pendant trois ans (dur métier,où l’on chemine toujours à découvert,passant de l’immobilier à l’immobile). Après cinq ans,je peux de nouveau m’inscrire aux concours. Entre temps j’ai perdu tous mes contacts et je ne suis plus retenu : engrenage prévisible d’un étranglement. Une procédure est toujours en cours et j’attends mes honoraires depuis six ans. Secondo : J’ai construit un programme de logements pour une SEM d’un département. Parcours sans faute qui a reçu le prix national du Ministère de la Culture consacré à la réhabilitation urbaine. La maîtrise d’ouvrage déléguée a amené l’entreprise générale devant les tribunaux pour ses huit mois de retard contractuel. Celle-ci a tenté de mettre en cause l’architecte. La maîtrise d’ouvrage déléguée a pour but de récupérer par ce contentieux une partie des honoraires dus à l’architecte par le biais de ses assurances (allez savoir pourquoi,dans le bâtiment,l’ingratitude est plus répandue que la reconnaissance !) Ce dossier est entre les mains d’un expert depuis près de 6 ans. On attend encore son rapport. J’attends mes honoraires depuis 6 ans. Les marchés publics étaient la veine jugulaire de l’économie de ma structure. Elle a été coupée net. J’ai rejoint,20 ans après,le niveau d’étiage de mes débuts. Quels renseignements tirer de ces réalités ? La profession d’architecte est parfaitement viable dans sa définition actuelle si,et seulement si,la maîtrise d’ouvrage est avisée. Or nous sommes face à une maîtrise d’ouvrage souvent déficiente dont les conséquences sont dramatiquement néfastes pour notre métier. En effet nous sommes confrontés : – à des structures juridico-administratives déléguées,pilotées par des chefs de projets qui peuvent même être particulièrement incompétents mais qui ont tout pouvoir pour nuire,dans un cynisme le plus total. – à des maîtrises d’ouvrages qui s’entourent de conseillers en tous genres,parfois mauvais,qui peuvent être suffisamment dénigrant pour rejeter sévèrement un projet dans le seul but de motiver leurs propres orientations (sans douter qu’il puisse y en avoir d’autres tout aussi bonnes). – à des difficultés juridiques de plus en plus menaçantes et des remises en question réglementaires de plus en plus lourdes,sans que nous soyons payés pour les assumer. Je condamne un esprit de système incapable d’accepter toute autre logique que la sienne et cette nouvelle tentation arbitraire qui est en train de s’installer. J’appelle à ce que cette montée aux extrêmes prélude à un retournement. N’est-il pas enfin temps que les collectivités territoriales françaises s’entourent de compétences,ne serait-ce que pour moduler les ardeurs “archicides” de leurs administrations ? Rebâtir un modèle de profession à bout de souffle est une tâche immense. Chacun dans son domaine détient cet avenir à reconstruire : je continuerai donc ce combat. N’ayons pas peur ! En ces temps de tumultes permanents où un petit rien suffit à fracasser les destins,le prix faustien à payer pour avoir le bonheur de construire est devenu inabordable. Nous avons toutes les compétences techniques et opérationnelles pour gérer les dossiers qu’on nous confie mais la faiblesse économique dans laquelle on nous maintient ne peut plus tenir devant des mastodontes et leurs brutales supériorités financières. Je n’ai qu’un seul regret : celui de me retirer sans avoir pu mettre en oeuvre la maturité de mon savoir. J’ai en effet mis du temps à démêler la complexité des matériaux,des couleurs,des détails,à maîtriser les espaces et à jauger leur parfait équilibre. J’ai peut être atteint ce que Fredy Girardet,en cuisines,appelle le juste moment. Pour avoir l’impression de tourner la page,qu’on me laisse maintenant écouter Toscanini,qui disait “merde” à Mussolini. David Ventre,architecte D.P.L.G,est embre du Conseil de l’Ordre des Architectes de la Région Ile de France….” Merci David Ventre. SBob

Vous prenez le montant des travaux réalisés par les adhérents de la MAF en 2006 (44 milliards d´euros) ; vous le divisez par le coût moyen du m2 en appel d´offres (disons 1500 euros) ; vous obtenez 29 millions de m2 que vous divisez par le nombre d´agences d´architecture en France (29000). L´architecte français traite donc 1000 m2 par an,soit 100m2 par mois. Sur une base d´honoraires de 10% du montant des travaux,100 m2 à 1500 euros le m2 génèrent un chiffre d´affaire mensuel de 15000 euros. Vous retirez de ceci les honoraires rétrocédés aux BET,à la MAF,les salaires,charges sociales,taxes et impôts,et vous comprenez que tout ceci n´est pas rentable.

Reprenons le calcul pour y intégrer la part de la commande publique (maîtrise d´ouvrage privée 70% – commande publique 30%). La Mission Interministérielle sur la Qualité des Constructions Publiques (MIQCP) évoque le chiffre de 1000 compétitions annuelles. Prenons l´hypothèse d´un seul concours gagné par an (J. Nouvel 1987 – 12 participations,1 seul projet lauréat – Conférence EAPB 1988) ( Paul Chémétov 1979-1998 – 104 participations,27 projets lauréats – Conférence EAN 1999). Divisons les 13,2 milliards d´euros de travaux de commande publique (30% du total des 44 milliards) par 1500 euros prix moyen du m² pour obtenir la somme de 8,8 millions de m² mis au concours à répartir entre 1000 architectes,chacun d´eux gagnant par hypothèse un seul concours par an. Nous obtenons donc 8800 m² annuel à construire,soit 880 m² mensuel (9 fois plus qu´en commande privée). Coté finances les choses s´améliorent : 880 m² à 1500 euros du m²,sur une base d´honoraires à 10% font 132.000 euros de chiffre d´affaire mensuel (9 fois plus qu´en commande privée également).

Reprenons maintenant,et pour finir,le calcul pour la commande privée. Remplaçons les 44 milliards d´euros de travaux par 30,8 (70% de 44) et retranchons les 1000 architectes occupés sur les concours de commande publique. Les choses décidément ne s´arrangent pas. Nous passons de 100 m² mensuel à 75 m² et de 15.000 euros de chiffre d´affaire mensuel à 11.250 euros : 12 fois moins qu´en commande publique…!!

D´où l´intérêt des effectifs étudiants pléthoriques en école d´architecture,d´une politique affichée de non-sélection,d´une ardente promotion des métiers de l´architecture (une vraie chimère) et de la valorisation d´un enseignement de l´architecture doté de nombreux postes d´enseignants (un titulaire fin de carrière c´est 5000 euros mensuels).

Etant entendu que seul le corps enseignant titulaire des écoles d´architecture bénéficie des revenus stables autorisant le travail à perte sur les concours de la commande publique (le système dispendieux des concours génère chaque année 3000 projets non réalisés pour 1000 retenus attribués aux équipes de maîtrise d´oeuvre reconnues et sélectionnées sur dossier;ce système engloutit de 15 à 25% du chiffre d´affaire annuel des agences,un gouffre à trésorerie pris sur la rémunération des collaborateurs – non respect des conventions collectives,heures supplémentaires non rémunérées,primes de fin d´année inexistantes,recyclage périodique du personnel sous contrat à durée déterminée ou recours au travail temporaire,usage de stagiaires non rémunérés,etc..)

La fin du seuil de 170m² ?

06/02/2008: Christine Albanel, ministre de la Culture, annonce la suppression de la dérogation au recours à l’architecte de la loi de 77. Les seuils prévus par décret de 170m², étendu à 800m² pour les bâtiments agricoles, seraient ramenés à 0 ou 20m².

Objet : Patience des Anges !
Posté le : 17/05/2009
[Question écrite n° 02702 de M. Georges Gruillot (Doubs - UMP) publiée dans le JO Sénat du 11/09/1997 - Transmise au ministère : Culture]: Question: M. Georges Gruillot appelle l´attention de M. le ministre de l´équipement, des transports et du logement sur les difficultés que rencontre la profession des architectes. Selon une enquête récente, plus de 11 000 architectes sur les 22 000 inscrits à l´ordre gagnent à peine le SMIC. Cette situation ne cesse d´inquiéter d´autant que chaque année, quelque 800 à 900 jeunes diplômés – après de longues études – arrivent sur le marché. Au-delà des raisons économiques souvent avancées pour expliquer cet état de fait, il le remercie de lui préciser les mesures qu´il entend énoncer pour soutenir cette profession.

[Réponse du ministère : Culture - publiée dans le JO Sénat du 27/11/1997]
Réponse: Tout à fait soucieuse de la situation de la profession d´architecte, la ministre de la culture et de la communication … entend poursuivre la réflexion engagée en vue d´une réforme des dispositions de la loi du 3 janvier 1977 sur l´architecture qui méritent d´être actualisées. Dans le cadre de cette réforme, elle s´interroge sur une extension du champ d´intervention obligatoire de l´architecte, par la suppression éventuelle de la dérogation prévue à l´article 4 de la loi précitée.

Objet : Architectes – Les statistiques INSEE
Posté le : 31/08/2009
Chiffre d´affaires moyen 2006 : 223.000 E ; Chiffre d´affaires moyen 1996 : 290.000 E ; Nombre d´entreprises en 2005: 29.371 ; Nombre d´entreprises en 1996 : 25.228 ; (Source www.alisse.insee.fr/… ///services///services aux entreprises///secteurs742A Activités d´architecture)

Posté le : 10/09/2009
Effectif salarié: 33 676 / Entreprises de plus de 5 salariés: 1521 ! (Source INSEE 2005)

Le 6 janvier dernier, Xavier Deyrieux, architecte municipal de Lille, a été condamné à trois ans de prison ferme suite à une condamnation du 18 décembre 2003, pour travail dissimulé, corruption passive et prise illégale d’intérêt. Une sévérité inaccoutumée pour de telles affaires.

A l´inverse, affichage public de pseudo-travail

Sévérité apparente en effet, bien qu´il soit difficile d´apprécier l´intégralité des faits et leur contexte. Ceci dit, toutes choses égales par ailleurs, il y a pire situation pour un architecte. Pour revenir sur l´accusation de travail dissimulé, j´aimerais mentionner un cas de figure inverse, celui où l´architecte assume une mission sans être rémunéré (intérêt bien compris de long terme pour accès aux concours de la commande publique).

Voici les faits: engagé il y a quelques années en Cdd sur un projet de logements, je côtoyais en agence d´architecture un collègue chargé du pilotage du chantier de la Maison des Sciences de l´Ingénieur de La Rochelle; l´un des associés montrait son agacement à l´époque, en faisant remarquer que ceci se faisait gracieusement.

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je lisais quelques temps après dans le mensuel d´information de la communauté d´agglomération de La Rochelle les lignes suivantes: “Maison des Sciences de l´Ingénieur – La CdA pilote des travaux: L´Etat a délégué à la CdA sa maîtrise d´ouvrage pour conduire la construction de la Maison des Sciences de l´Ingénieur. Les services techniques de la collectivité ont mené le chantier à bien, en temps et en heure et dans le cadre de l´enveloppe financière prévue: 7.729 M€”. La question à poser aux services techniques de la ville serait la suivante: “Avez-vous une trace ,et donc une preuve, du travail revendiqué?”.

La note méthodologique

Pour un appel d’offre,on nous demande une note méthodologique. Quelqu’un pourrait-il me transmettre un exemple. d’avance merci… Notre métier à la base est le dessin et non écrivain. Pour éviter de perdre du temps,soyons solidaire entre nous et rédigeons des documents types pour ces bureaucrates.

Une note méthodologique est particulière à chaque architecte et fournit donc un critère d’évaluation objective,d’appréciation et de sélection et n’est donc pas reproductible. Laisse les bureaucrates tranquilles,attaque plutôt le ministère,l’ordre des architectes,qui en trente ans ont laminé cette profession par une multiplication inconsidérée du nombre de diplômés (dont tu es apparemment),l’abandon du barême des honoraires,la concurrence morbide qui va avec,la prolifération de tous ces petits maîtres enseignants ou vacataires type profs ou archi-conseil,qui sans leur traitement de fonctionnaire (ou assimilé) ne valent rien,sinon tortiller du cul dans les concours de la commande publique,les jurys de diplôme,l’annuel Amc pour un ou deux blocs sanitaires “écriture soignée” format A5,qui en revanche sur-médiatisent la profession,attirent toujours plus d’étudiants dans les écoles – leur gagne-pain – en dépit des règles élémentaires de l’économie de marché (dernier exploit en date: “Le Grand Pari(s)” où des étudiants non rémunérés laissent filer leur propriété intellectuelle,abandonnent leurs droits d’auteur).

Bonjour à tous ! J’aimerais connaitre votre avis,je souhaite intégrer l’école de Bordeaux l’année prochaine.

Etes-vous issue d’une terminale S? N’oubliez pas que la géométrie descriptive fait barrage en fin de première année d’école d’ architecture. Etes-vous fille d’architecte ? N’oubliez pas que la profession d’architecte est saturée depuis bien longtemps. Ne vous laissez pas impressionner par la politique de sur-communication du ministère de la culture,c’est un miroir aux alouettes( un “piège séduisant”,par analogie avec le dispositif de ce nom,formé de planchettes garnies de petits miroirs et destinées,par leur miroitement,à attraper les oiseaux). Disposez-vous d’un patrimoine familial susceptible de subvenir à vos besoins matériels le temps de vous établir en profession libérale et développer une clientèle privée? Des centaines de diplômés n’ont jamais trouvé de travail.

Pourquoi de tels propos alarmistes ??? Cà sert à quoi de décourager de futurs étudiants ??? Qui êtes-vous pour affirmer qu’ils vont tous finir à la rue ??? Si c’est votre cas,et que vous êtes complétement aigri,alors c’est bien triste pour vous mais ne miner pas le moral des autres avec votre cynisme. signé : une prof et une architecte…..

Toute cette bouffonnerie ne dure-t-elle pas depuis trop longtemps? Consulter les chiffres de la profession publiés par l’iNSEE,ils sont accablants pour vous tous enseignants des écoles d’architecture et votre ministère de tutelle. Rappelez-nous combien de contrats HMO ont été signés cette année pour 20000 étudiants inscrits en école. Pour ce qui me concerne,j’ai trente années d’agence derrière moi et mon niveau d’information sur ce petit monde me permet d’envisager l’avenir sereinement. J’ai tout mon temps. Quand on est bachelier section Scientifique à 17 ans,on a bien mieux à faire que de perdre son temps en école d’archi. J’ai rencontré il y a une dizaine d’années un diplomé 1985 de l’école de Nancy,père d’une fille de onze ans. Il m’a dit ceci: les études d’architecture? elles ont gâché ma vie.
Sam 01 Août 2009

Chasse à la baleine

” Architecte dplg recherche étudiant qui pourrait lui enseigner la 3D sur Autocad 08 ainsi que la pratique de Sketchup “

Il y a au musée de la mer à Biarritz l’histoire de la chasse à la baleine enseignée par les Basques aux Hollandais. Ceux-ci ne se sont pas gênés pour exclure ceux-là des zones de pêche une fois la technique acquise. Vous êtes donc aujourd’hui un peu “hollandais”. Il est bien évident que tout étudiant doit défendre son pré-carré,vu la sous- rémunération et l’ hyperprécarité que l’ordre des architectes et la direction de l’architecture réservent aux nigauds et nigaudes des écoles d’architecture,dont la justification profonde n’est autre que le financement des concours d’architecture publique (non rentables,réservés de fait aux enseignants-architectes: scandale d’Etat en vue …).

Twin Towers

Hauteur de l´Arc de Triomphe: 55 mètres, distance de l´Arc de Triomphe à la Pyramide du Louvre:3.20km. Distance des tours jumelles à la pyramide du Louvre:6.75km. Altitude de l´arc de triomphe virtuel homothétique du premier à l´emplacement des tours jumelles:115 mètres. Hauteur des tours jumelles: 329 mètres. Théorème de Thalès(625-547 av JC):depuis la Pyramide du Louvre, dans la perspective des Champs-Elysées, les tours pointront à 156 mètres, soit presque trois fois la hauteur de l´arc (elles émergeront de 101 mètres au-dessus de l´arc, soit deux fois sa hauteur). Reste à connaître le numéro de parcelle pour évaluer à l´horizontale la juxtaposition de silhouettes perceptible depuis les Champs-Elysées. Le prospect H/2=L paraît souhaitable.

DNXi pour Cyberarchi.com  le 10/04/2009

Correctif Grand-Paris

Après lecture rapide des dossiers “chantiers_02″ de quatre équipes (Grumbach, Nouvel, Portzamparc, Y.Lion) seules deux d´entre-elles posent bien les questions. La proposition “Paris-Rouen-Le Havre” ne résoud rien à court terme, presque hors sujet (recyclage de travail d´étudiant); la proposition “AJN-MCD-JMD” est un immense bricolage de type associatif hors d´échelle, chacun y allant de sa spécialité: horripilant; Y.Lion et C.Portzamparc fournissent un travail remarquable concret/conceptuel qui couvre toutes les échelles de la ville et du territoire.

Le Grand Pari(s)

Si les choses se font, ce sera un chantier fabuleux pour le développement de la métropole. En tout cas les équipes ont produit un travail remarquable qui pose bien les questions. Des débats et des expositions sont prévus dans les semaines qui viennent. Les premiers chantiers devraient être pour dans quatre ans environ, le temps de concevoir les opérations et de les lancer.

http://www.legrandparis.culture.gouv.fr/

100 000 euros par l’Etat,40 000 euros par la ville de Paris,ce sont les sommes versées à chacune des dix équipes retenues pour l’opération “Grand Paris” (neuf mois d’études). Deux des participants,titulaires du Pritzker Price (Nobel de l’Architecture) sont “champions du monde”; le joueur de foot français champion du monde le mieux payé perçoit sur la même durée 91 fois plus (chiffres “France Football” mars 2009: 17 millions d’euros annuels). Chaque équipe d’architectes comprenant au moins sept personnes,un “joueur de foot” vaut donc plus de 600 architectes.

Bonjour,voici ce que je peux te répondre,ayant fait moi-même Malaquais il y a longtemps. Ce qu’il faut savoir,c’est que l’enseignement de l’architecture se constitue en cinq champs disciplinaires : l’architecture,les arts plastiques,les sciences de la construction,les sciences exactes et les sciences humaines et juridiques.

Une année de préparation type Penninghen est donc un avantage pour la partie Arts Plastiques,très importante en architecture; mais ce n’est pas suffisant. Il te faut au départ un goût pour la chose construite mais également,et c’est la différence avec une formation type btp-génie civil,le goût de la culture historique,le tout pris dans une bonne rigueur intellectuelle et le sens des responsabilités (dessin précis,budgets et délais à tenir,etc..).

Le fait d’avoir un bac L n’est pas un handicap (au contraire,une bonne culture littéraire est un avantage: aisance rédactionnelle,bon relationnel ..),à condition d’avoir le minimum de culture mathématique (importance de la géométrie etc..) et de savoir compter juste (une erreur de cotation peut bloquer un chantier). Reste,cerise sur le gâteau,le goût du paradoxe,qui permet de passer outre les contradictions et de trouver le juste compromis.

Tout cela dans un contexte professionnel largement dégradé (ça ne date pas d’hier),le nombre de diplomés produits chaque année étant en totale contradiction avec les lois de l’économie de marché (merci la direction de l’architecture). Si tu te projettes sur le long terme,tu dois savoir que sans patrimoine familial,tu auras bien du mal à échapper au salariat et donc aux conditions médiévales de la profession (grande précarité,sous-rémunération et horaires “à la con”).

Si ton patrimoine te permet de démarrer directement en libéral après l’école,tu dois savoir qu’une clientèle privée,c’est dix ans d’efforts mal rémunérés (l’architecture publique quant à elle est monopolisée par le corps enseignant des écoles d’archi qui peuvent travailler à perte sur les concours de la commande publique – certains profs “accueillants” de Malaquais sont là depuis 38 ans). De ce point de vue l’architecture intérieure présente quelques avantages,les problèmes à traiter étant moins complexes et la clientèle plus facile à constituer,me semble-t-il. Voilà ” l’Etat des Choses”,comme dirait Wim Wenders. Bon courage..

DNXi pour Cyberarchi.com  le 17/03/2009

Ancien élève de L.Kahn à Philadelphie, David Elalouf, enseignant titulaire à l´Ecole d´Architecture de Paris-Belleville, est donc âgé d´une soixantaine d´années. Un site Internet minimaliste nous présente l´essentiel de ses travaux. Pour qui connaît un peu la profession, cette mise en scène, comme le panégyrique dressé par l´internaute précédent, laisse perplexe.

Vingt-huit opérations en presque vingt ans, renseignées de façon inégale (coûts, maîtres d´ouvrages), dont quatre ou cinq concours d´aménagement urbain (gagnés-perdus), un concours international (perdu), trois appartements, une galerie d´art, une dizaine d´opérations de logements (années 90 six par an, années 2000 vingt cinq par an).

Prenons l´opération de Saint-Martin de Ré (1992) – 29 maisons à patio “Domaine des Remparts” et 36 maisons réhabilitation d’un «clos» et constructions neuves Rue Carnot: une vie complète de travail en agence d´architecture ne couvre même pas le prix d´achat d´une seule de ces maisons.

L´ordre des architectes publie actuellement l´offre suivante: “Notre Agence recherche pour son agence de Pékin des stagiaires. Les stagiaires sont logés proche du bureau en centre ville et indemnisés 300 euros par mois …le stage est de 6 mois et le billet d avion AR en classe economique est remboursé a la fin du stage”.

La question qui se pose est la suivante: Que peut bien raconter monsieur Elalouf à ses étudiants?

DNXi pour Cyberarchi.com  le 09/03/2009

Hypothèse sur effondrement

Au début des années 90, l´immeuble des artisans taxi du 42-46 rue Armand Carrel Paris 19e (Francis Soler architecte) eut à souffrir d´un “vrillage” de façade . La raison en était que les dalles de plancher passaient à l´extérieur pour former des loggias dissymétriques biseautées, les nez de dalle rectilignes mettant en valeur les retraits de façade successifs, cela sur plusieurs niveaux. Ces lames pincées extérieures exposées au soleil passaient à l´intérieur; elles se mirent à gondoler au bout d´un moment. Un coup de scie à béton en perpendiculaire résolut le problème .

Le complexe structurel de Roissy, tirants-butons-coque béton, mais surtout tirants-pannes métalliques-verre, exposé au nord comme au sud en un seul élément solidaire, dut subir les effets de dilatations répétées doublement dissymétriques: chaud-froid nord-sud, chaud-froid intérieur-extérieur (effet de serre + climatisation). Un lent travail de sape par vrillages successifs jusqu´au printemps 2004 lorsque les qualités du complexe structurel furent assez dégradées pour que le ferraillage de la coque béton soit trop sollicité, à cet endroit là, précisément, où manquait un peu de matière (élargissements pour accès passagers A380).

DNXi pour Cyberarchi.com  le 12/02/2009

Eléments d´enquête

L´agence Castro-Denisoff mêlant depuis de très nombreuses années activité professionnelle et enseignement à l´école d´architecture Paris-La Villette,voici quelques extraits des chartes publiées par cette école sur son site internet:

1)Charte 2002: “L´EAPLV revendique le droit et les moyens d´accueillir un nombre élevé d´étudiant(e)s …L´EAPLV reste opposée à toute forme de sélection à l´entrée dans le cursus des études d´architecture”.

2)Charte 2008:”L’EAPLV a l’ambition de s’imposer pleinement sur la scène non pas simplement régionale,nationale ou même européenne,mais internationale,de l’enseignement de l’architecture …un corps enseignant lui-même cosmopolite ; une population étudiante plus cosmopolite encore puisqu’il arrive que les étudiants d´origine étrangère (30% environ) soient majoritaires dans certaines unités d’enseignement.

Mais notre ambition est d´aller plus loin encore dans cette voie. Il y va en effet du rayonnement de la culture française dans notre domaine de compétence …,de l´ouverture de notre enseignement,de nos étudiants vers des cultures et des sociétés différentes,et enfin de l´élargissement des débouchés pour nos diplômés et des marchés pour les entreprises françaises et européennes”.

La non-sélection a largement fait ses preuves en agence d´architecture et le rayonnement de la culture française constitue un merveilleux alibi … L´essentiel reste bien évidemment le financement des concours d´architecture publique par le truchement des émoluments tirés de l´enseignement de l´architecture et du statut d´assimilé fonctionnaire (titulaire 5000 euros fin de carrière) !!

DNXi pour Cyberarchi.com le 08/01/09

Le Goût des Autres

1°) Se rendre tout d´abord sur le site internet de l´Ecole d´Architecture de Clermont-Ferrand section public/espacepro/observatoire des débouchés et y lire :
>> Les analyses de la dernière enquête 2004 de l’EACF,concernant les promotions 1994 1998-2000-2002 sont en cours de réalisation (“ah bon ? ..nous sommes en 2008!”).
2°) Relire la lettre du ministre du budget reçue avec l´avis d´imposition 2008 rubrique “A quoi servent nos impôts?” colonne dépenses / ligne Dette et engagements financiers: 42,8 milliards / colonne Recettes ligne Deficit: 41.7 milliards.
3°) Ouvrir la revue AMC de Septembre 2008 à la page résultat de concours / Ecole d´archi de Clermont-Ferrand / coût de l´investissement: 25 millions d´Euros (“passons sur le parasismique à intégrer en reprise de gros-oeuvre au batiment “années 1930″,ça fait tourner le btp..”).
4°) Diviser à la calculette 40 milliards par 25 millions et obtenir 1600 unités : le déficit budgétaire de l´année 2008 équivaut à la construction de 1600 écoles d´architecture.
5°) Considérant que les Ecoles d´architecture n´ont à ce jour pas apporté la preuve de l´insertion professionnelle de leurs diplomés (tournure diplomatique..) et de la solvabilité de ceux-ci,cette école,donc,étant construite sur une dette à rembourser par ceux-là même qui ne seront pas solvables (je veux dire les étudiants de l´école),songer à demander L´ARRET IMMEDIAT DU PROCESSUS avant que les liquidateurs ne s´en mêlent.

Le Goût des Autres: Une Ecole à 25 Millions
DNXi pour Cyberarchi.com le 16/09/08

La Commande Publique (2)

Le thème de la commande publique en France est un sujet inépuisable. Une analyse arithmétique sommaire par rapports et proportions des chiffres de la Mutuelle des Architectes Français montre l´ampleur des distorsions que subit cette profession depuis de nombreuses années. N´en déplaise à la coterie des petits libéraux familiers,tout à la fois (c´est peu de le dire),des concours de la commande publique,des écoles d´architecture,des ministères adéquats,des instances ordinales,des cercles politico-institutionnels,toutes proximités stables lucratives,ou même des cocktails de presse… n´en déplaise à cette coterie,la profession a touché le fond.

Rien n´y fait. Qu´il s´agisse du Rapport du Sénat,de l´Observatoire de l´Insertion Professionnelle,de la promotion des métiers de l´architecture : les choses s´aggravent.

Quelle politique est à l´oeuvre en France pour le développement de l´architecture,hormis celle promue précisément par cette coterie adepte de la vacation et de la subvention. Quel avenir pour cette profession qui ne rémunère plus ses salariés,alors que sa déontologie l´y contraint (code des devoirs professionnels article 34),qui n´a pour horizon que le contrat à renouveler une seule fois?

Les chiffres sont accablants,qu´il s´agisse des effectifs étudiants,du contingent des diplômés produits chaque année (9000 architectes en 1972,29.500 aujourd´hui). Comment peut-on lire sur le site de l´école de Paris-La Villette : “L´ENSAPLV reste opposée à toute forme de sélection à l´entrée dans le cursus des études d´architecture …”,alors que le Journal l´Humanité du 11 décembre 2000 écrivait :” … on ne compte à l’EAPLV que onze ordinateurs en libre service,une seule personne chargée de la maintenance informatique pour deux mille étudiants” et que le ministère répondait “Vous n’avez qu’a prendre moins d’étudiants…”. Il s´agit bien là d´un problème de gouvernance.

Bien évident que pour tous ces bacheliers précoces des filières d´excellence de l´enseignement secondaire (à l´époque 15% d´une classe d´âge) détenteurs d´une vingtaine de certificats d´enseignement supérieur,parfois même d´un diplôme d´architecte,bien évident que pour tous ceux-là… le compte n´y est pas…!!

DNXi pour Cyberarchi.com le 28/05/08

Tendance optimiste

Utile de consulter le site internet de la la MAF (Mutuelle des Architectes Français). Que nous disent les chiffres publiés? 25.500 sociétaires dont 22.500 architectes (environ 90% de la profession) et 3.000 ingénieurs et autres ; 32.4 milliards d´euros de travaux déclarés pour 2005. Le chiffre de 44 milliards de travaux utilisé pour le calcul du taux de pénétration des architectes dans l´activité bâtiment 2006 est donc erroné,puisque les adhérents de la MAF ne sont pas tous architectes (3000 ingénieurs et autres à déduire): première approximation,12% d´erreur,33.35% de taux de pénétration pour 37.9% annoncés. Autre approximation sur le taux d´adhésion : environ 29.000 architectes inscrits au tableau de l´ordre pour 2005 et 22500 sociétaires architectes,soit 78% pour 90% annoncé,12% d´erreur également… Tendance optimiste,limite boniment!!!

Reste cependant la question déontologique. La loi dit que pour exercer le métier d´architecte,il faut souscrire une assurance professionnelle spécifique couvrant les différentes étapes de réalisation d´un projet architectural. Quid des 7000 architectes non adhérents de la MAF? Le rapport du Conseil Régional de l’ Ordre des Architectes d´Ile de France 2003 pointait plus de 5000 absences de preuve d´assurance pour 9000 architectes inscrits. Qu´en est-il aujourd´hui ?

DNXi pour Cyberarchi.com le 20/05/08

Autre opposition intéressante,celle du mode d´exercice. Prenons les chiffres 2006 de l´Ordre des Architectes : 29.417 architectes inscrits,15.885 en libéral (54%),13.531 en société (46%),38.4 milliards d´euros de travaux,19.4 pour les sociétés,19 pour les libéraux ; soit 1.43 millions de travaux annuels en société (143.000 euros mensuel,14.300 euros d´honoraires à 10%,95m2 hors-oeuvre à 1.500 euros le m2) et 1.20 millions en libéral (120.000 euros mensuel,12.000 euros d´honoraires à 10%,80m2 hors-oeuvre à 1.500 euros le m2). Bien qu´ayant conservé les hypothèses de calcul des fois précédentes,nous ne franchissons pas aujourd´hui le seuil des 100 m2 mensuels construits.

Une réflexion s´impose. Ou bien le seuil des 170 m2 de dérogation au recours à l´architecte pour le dépôt de permis de construire est surréaliste (suppression annoncée … et les paris sont ouverts!!),ou bien une part importante des travaux n´est pas assurée et ce sont des milliers d´architectes qui risquent la radiation (et l´interdiction d´exercer!!).

DNXi pour Cyberarchi.com le 15/05/08

La Commande Publique (1)

Reprenons le calcul de la semaine dernière pour y intégrer la part de la commande publique (maîtrise d´ouvrage privée 70% – commande publique 30%). La Mission Interministérielle sur la Qualité des Constructions Publiques (MIQCP) évoque le chiffre de 1000 compétitions annuelles. Prenons l´hypothèse d´un seul concours gagné par an (J. Nouvel 1987 – 12 participations,1 projet lauréat (Conférence EAPB Mille Neuf Cent Quatre-Vingt Huit) ; Paul Chémétov 1979-1998 – 104 participations,27 projets lauréats (Conférence EAN 1999).

Divisons les 13,2 milliards d´euros de travaux de commande publique (30% du total des 44 milliards) par 1500 euros prix moyen du m² pour obtenir la somme de 8,8 millions de m² mis au concours à répartir entre 1000 architectes,chacun d´eux gagnant par hypothèse un seul concours par an. Nous obtenons donc 8800 m² annuel à construire,soit 880 m² mensuel (9 fois plus qu´en commande privée). Coté finances les choses s´améliorent : 880 m² à 1500 euros du m²,sur une base d´honoraires à 10% font 132.000 euros de chiffre d´affaire mensuel (9 fois plus qu´en commande privée également).

Reprenons maintenant,et pour finir,le calcul de la semaine dernière pour la commande privée. Remplaçons les 44 milliards d´euros de travaux par 30,8 (70% de 44) et retranchons les 1000 architectes occupés sur les concours de commande publique. Les choses décidément ne s´arrangent pas. Nous passons de 100 m² mensuel à 75 m² et de 15.000 euros de chiffre d´affaire mensuel à 11.250 euros : 12 fois moins qu´en commande publique…!!

DNXi pour Cyberarchi.com le 05/05/08

Un monde meilleur

Vous prenez le montant des travaux réalisés par les adhérents de la MAF en 2006 (44 milliards d´euros) ; vous le divisez par le coût moyen du m2 en appel d´offres (disons 1500 euros) ; vous obtenez 29 millions de m2 que vous divisez par le nombre d´agences d´architecture en France (29000). L´architecte français traite donc 1000 m2 par an,soit 100m2 par mois. Sur une base d´honoraires de 10% du montant des travaux,100 m2 à 1500 euros le m2 génèrent un chiffre d´affaire mensuel de 15000 euros. Vous retirez de ceci les honoraires rétrocédés aux BET,à la MAF,les salaires,charges sociales,taxes et impôts,et vous comprenez que tout ceci n´est pas rentable.

D´où l´intérêt des effectifs étudiants pléthoriques en école d´architecture,d´une politique affichée de non-sélection,d´une ardente promotion des métiers de l´architecture (une vraie chimère) et de la valorisation d´un enseignement de l´architecture doté de nombreux postes d´enseignants (un titulaire fin de carrière c´est 5000 euros mensuels).
Charge aux étudiants de créer un monde meilleur…!

DNXi pour Cyberarchi.com le 28/04/08

NAJAS jeunes et vieux

J´ai sous les yeux la liste des lauréats des “Albums de la Jeune Architecture” des années 1980 à 1994 ; en tête de la seconde session,celle de l´année 1982,”Pli Architecture”,deux couples d´origine polonaise. C´est la RIVP,je crois,qui leur a confié un projet d´immeuble de logements du côté de la rue Manin,Paris 19ème,immeuble innovant en céramique blanche publié quelques temps plus tard dans le numéro annuel de la revue AMC au début des années 90.

Pour moi,la RIVP c´est une rénovation d´immeubles dans le Marais (chargé du relevé et du dossier d´Etat des Lieux). C´était une première opération confiée par ce maître d´ouvrage à l´agence qui m´employait. Tout devait être impeccable – j´étais à l´époque bac+3 (bac maths à 17 ans plus 3 ans d´école d´archi),5 ans d´agence ; je gagnais un smic et demi et vivais encore dans une chambre de bonne du boulevard Saint-Michel (7m2 eau froide palier)- c´était le début de la traversée des années 80. Ce dossier une fois bouclé,je ne me suis pas attardé ; les contrats se sont enchaînés,une douzaine pour arriver en 1990 à gagner trois fois le smic.

Douze contrats,autant d´agences,sympas,pas très,dégueux (sur 12 archis,trois sont morts avant 55 ans,dont un violemment) ; puis est arrivée la grande crise du début des années 90. Les archis ont morflé. Crise de l´immobilier,zéro affaire. Album de la jeune archi ou pas,plus de ressource. Coté RIVP les salaires sont versés … non??. Côté “Pli Architecture”,une mère de deux enfants,archi,femme d´archi associée… Printemps 94 (95?),le journal “Le Parisien” a titré ça “la tuerie de Sceaux”. Il n´y eut plus d´”Album de la Jeune Architecture” jusqu´en 2001,les Najas…

DNXi pour Cyberarchi.com le 14/04/2008

L´ Auberge Espagnole

Partenariat Public Privé : la conception doit rester l’élément fondamental garant de la qualité du service
Le projet de loi sur les PPP, qui sera présenté au Sénat en avril prochain par le gouvernement, s’inscrit clairement contre les décisions du Conseil constitutionnel du 26 juin 2003. L’inquiétude est vive au CNOA et partagée par la CAPEB et d’autres organisations professionnelles. Denis Dessus, vice-président du CNOA, détaille les enjeux.

Seules les agences d´architecture de bonne taille sont en mesure d´offrir à la fois qualité de conception,maîtrise des coûts et respect des délais. L´agence “Arquitectonica” de Miami avait fait sensation il y a quelques années par son appel d´offres en lots séparés pour l´Auditorium de Dijon (1993); la récente “Equerre d´Argent” a contrario pose la question des délais de livraison : peut-on attendre six ans une extension d´école du fait d´un artisan-architecte-enseignant alors qu´une agence de 15 personnes en partenariat Ingénierie livre un lycée en douze mois après concours (Ozoir La Ferrière 1988) ?

Il faut savoir ce que l´on veut : ou bien l´on continue à laisser déverser chaque année 1000 DPLG pour permettre à une petite minorité enseignante subventionnée agissante de participer à perte aux concours de la commande publique,y compris les bouffons de La Villette,leur politique de non sélection hilarante aux effets sensibles en agence et leur gabegie financière. Que se passe-t-il en effet en France ? 13000 agences d´architecture sans salarié,13000 avec moins de 10 personnes,600 agences de 10 à 20,100 de 20 à 50 et 11 agences de plus de 50 personnes. Difficile dans ces conditions pour un Ordre National de produire quelque texte qui soit prétendument défensif des intérêts d´une profession. Le couperet du Partenariat-Public-Privé,quant à lui,finira bien,à force d´incompétence,par tomber.

DNXi pour Cyberarchi.com le 10/03/08

Valeur nette de production

L’Insee publie les données de cadrage 2005 de la profession d’architecte sur “Alisse.insee.fr” (www.alisse.insee.fr/Fiche.jsp?p=7460712); En comparant les données 2005 à celles de l’année 1996,on perçoit l’évolution de la profession sur dix ans: Un chiffre d’affaire multiplié par 1.8,un nombre d’agences multiplié par 1.3,une valeur nette de production en baisse de 2%,une valeur ajoutée par personnel occupé divisée par 2.5 et des frais de personnel sur valeur ajoutée multipliés par 3. Chercher l’erreur …! * Valeur nette de production (2005): Ressources créées par le processus de production résultant de l’activité professionnelle courante de l’entreprise ; ces ressources comprennent la «marge commerciale» incluant le résultat des activités de négoce,augmentée de la production vendue (de biens et services),de la production stockée et de la production immobilisée.

DNXi pour Cyberarchi.com le 18/02/08

Excuse-moi Partenaire

Partenariat Public Privé : Bombe fiscale pour les contribuables, jackpot pour les majors du BTP.
Un projet de loi, préparé par la Mission d’Appui aux Partenariats Publics Privés, s’apprête à faire sauter tous les freins à un recours massif à cette procédure à très haut risque. Un troisième critère fourre-tout permet de justifier le recours au PPP s’il est ‘plus économique ou performant’. Denis Dessus, Vice-Président du CNOA, s’alarme et sonne le glas.

Tout ceci est bien sympathique,mais quel mode de financement innovant proposez-vous ? Une analyse descriptive des effets collatéraux négatifs pour telle ou telle profession ne suffit pas à construire une proposition. Tout est dit pourtant dans les premières lignes: “Le financement est pris en charge par le partenaire privé … “; les déficits publics n´offrent aucune marge de manoeuvre,il faut donc trouver une alternative de financement.

Entre-nous … pour ce qui est de la maîtrise d´ouvrage publique,il y a beaucoup à dire : du système des concours d´architecture publique à celui corrélé de l´enseignement de l´architecture,de ses subventionnés de la culture publiés “amc” ou médaillés d´argent qui recrutent à la sortie des lycées (1500 enseignants pour 1000 Dplg formés chaque année),de l´administration administrante qui ne gère pas ses flux,dépourvue qu´elle est de vision macroéconomique ou pire,embastionnée … ,la liste est longue,vous ne trouvez pas ?

Dnxi pour Cyberarchi.com le 12/02/2008

Quartier Austerlitz

Quartier Austerlitz gare – Projet de AREP / AJN / Michel Desvigne
Projet lauréat, le jury a retenu l’utilisation de la halle comme lieu principal d’échanges intermodaux train / RER / métro, la mise en valeur du patrimoine du site, la composition paysagère du jardin en équerre unifiant les façades, la transversalité du projet et l’identification claire des maîtrises d’ouvrage. Il fut moins convaincu par l’insertion urbaine.

Objet : Le sens de l’h(H)istoire
L´hôpital de La Salpétrière doit son nom à l´arsenal,établi sous Louis XIII,où la poudre était fabriquée avec du salpêtre. En avril 1656,Louis XIV signa un édit portant sur l´établissement d´un Hôpital Général qui serait chargé des trop nombreux mendiants de la capitale. L´Hôpital devait comprendre plusieurs bâtiments: la Pitié pour les enfants,Bicêtre pour les hommes et,pour les femmes,la Salpêtrière. En 1662,l´institution comptait déjà plus de dix mille pensionnaires. Cependant,dès 1660,les travaux d´agrandissement de l´ancien arsenal de Paris avaient été commencés par Libéral Bruant. Ils furent poursuivis par Le Vau qui voyait les choses en grand,puisque la Salpêtrière devait alors couvrir le double de sa surface actuelle…
(Source: Wikipédia – Historique de la Salpétrière par Yves Gaudreau)

Quartier Austerlitz gare – Projet des Ateliers 234
Développer une réflexion sur le quartier Austerlitz Gare, c’est engager en simultané tous les débats actuels de l’urbanisme parisien. Dans un univers urbain fortement densifié depuis sa construction, encaissé entre le sol originel de la berge de Seine, la dalle de Paris Rive Gauche, et le coteau de la ville sédimentaire, la halle d’Austerlitz verrouille aujourd’hui les flux.

Objet : Style imagé et elliptique
Relire peut-être Saint-Simon (1675-1755).

Quartier Austerlitz gare – Projet de BTUA (Bernard Tschumi)
Trois concepts structurent le projet : ‘Gare et place à la fois’ avec un ‘parquet d’activités’, un gratte-ciel horizontal entre cour et jardin ‘dénominateur commun de toutes les activités du quartier’ et deux grands jardins ce qui ‘permet de définir un grand jardin et une place urbaine, une galerie piétonne couverte entre le quartier et la Seine’.

Objet : Urbanisme
Geste architectural univoque presque “début années soixante-dix”. La question du legs historique,Libéral Bruant et Le Vau à La Salpétrière,n´est pas posée,ce qui prive le projet d´une complexité autre que celle de la gestion des flux ou des contiguïtés fonctionnelles. Qu´on le veuille ou non,cette opération s´inscrit en droite ligne de celle initiée en 1656 par Louis XIV (établissement d´un Hôpital Général chargé des trop nombreux mendiants de la capitale..).

Dnxi pour Cyberarchi.com le 14/01/2008

Une politique ambitieuse

Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy de Jean-François Susini
Suite au discours de Nicolas Sarkozy sur la politique architecturale, Jean-François Susini, président du Conseil des Architectes d’Europe, a souhaité écrire au Président de la République afin d’apporter un éclairage critique sur la question des concours internationaux, et d’ouvrir le débat sur les priorités de la politique architecturale.
publié le 14/11/2007

Une politique ambitieuse de l´architecture pour les trente prochaines années passe d´abord par une refondation du système des écoles d´architecture. La valorisation de la profession,c´est avant tout une population étudiante de haut niveau. Or depuis trente ans ce n´est pas vraiment le cas. Remettons à plat ce système pernicieux. Le système des concours ne saurait en effet justifier à lui seul le maintien de tous ces enseignants titulaires ou vacataires monopolisant l´accès à la commande publique attirant à eux cette population étudiante … son gagne pain (perdre plus de 75 concours de commande publique dans une vie professionnelle est une réalité en France).

Dnxi pour Cyberarchi.com le 29/11/2007

Offre récurrente

“Rattaché aux architectes associés,vous aurez une double mission : • réalisation des études de projets et des plans dans le respect de la qualité et des délais • gestion du planning de l’équipe de dessin,suivi et contrôle de la qualité du travail,coordination des différents services et interfaces avec les clients et l’ensemble des intervenants. //Profil : De formation technique,vous avez 5 ans minimum d’expérience,idéalement dans les domaines du logement,du tertiaire,des ERP,en neuf comme en réhabilitation. Autonome,dynamique et rigoureux,votre sens de l’organisation du travail et vos qualités relationnelles vous permettent d’avoir toutes les cartes en main pour faire évoluer votre carrière au sein de notre structure. Salaire motivant.”


Je vois passer ce recrutement tous les six huit mois sur internet. Il s’agit donc d’une annonce récurrente publiée régulièrement par une entreprise de ressources humaines.
Le poste proposé semble être du type “Cadre” puisqu’il s’agit d’encadrer l’équipe de dessin; le statut “cadre” n’apparaît pas,seule la mention “salaire motivant” est indiquée.

Comme trop souvent dans cette profession pour ce type de poste, il s’agit donc de trouver un professionnel de 35 ans environ prêt à s’investir intensément sur les projets pour avoir ” toutes les cartes en main pour faire évoluer votre carrière au sein de notre structure”,puis de lui dire en fin de CDD que finalement,non ce n’est pas possible (réapparition régulière du recrutement par l’entreprise de ressources humaines). Entre-temps évidemment les projets sont sortis à un coût compatible avec le marché libre des honoraires d’architectes et les délais quasi impossibles à tenir imposés par les maîtres d’ouvrages.

D’où les tensions extrêmes au sein des agences d’architecture…

Dnxi pour Forum Cyberarchi.com le Ven 02 Nov 2007

Précarisation

Nombreuses “offres d’emploi” d’une multinationale de l’interim sur le site de l’Ordre des Architectes actuellement. Comme disait Golem : “contribuons à la précarisation de l’architecture! x’est bien! aidons les à s’en mettre plein les fouilles! eux qui ne disposent d’aucun réseau et à qui il ne suffit que de 5 mn pour déposer une annonce que n’importe quelle agence pourrait faire! “. L’Ordre des Architectes connaît-il même les méthodes d’investigation de ces entreprises ? Afflux de CV,afflux de références professionnelles,carnet d’adresse de futurs clients à démarcher ultérieurement,noyautage de la profession grâce à des “offres d’emploi” génériques et virtuelles publiées au bon moment … !

Dnxi pour Forum Cyberarchi.com le Ven 27 Juil 2007

Corruption

La corruption en architecture,quand elle se produit,touche des travaux de commande publique de petite taille,collèges ou lycées par exemple (les années 80 en Ile de France); mais elle est de nature passive,souvent de servitude volontaire pour sauvegarde d’intérêts professionnels de long terme. Pour ce qui est de l’Ordre des Architectes il s’agit plutôt de manquements graves à la déontologie,untel siégant encore actuellement au conseil régional d’Ile de France disant en entretien d’embauche “ici il n’y a pas d’heures supplémentaires,les gens sont plus ou moins rapides,les moins rapides viennent le week-end” qui paye ses diplomés au taux horaire de ses femmes de ménage.

Dnxi pour Forum Cyberarchi.com Lun 24 Sep 2007

A l´origine de cette idée,la réforme “Trautmann” de 1997 : “diversification des filières en école d´architecture -généralistes ou spécialisées- favorisant la multiplication des débouchés”. Les administrations suivantes ont gardé l´idée,la transformant seulement en “nouveaux métiers de l´architecture”,concept chargé de redynamiser une filière en déshérence (réforme manquée,aléas politiques,surplus d´étudiants,crise des débouchés,profession anémiée).

Pendant toutes ces années,la gestion des flux d´étudiants n´est pas vraiment assurée. Qui en effet cela intéresse-t-il ? L´Administration administre,le Ministère communique (“Nouveaux Albums de la Jeune Architecture”),les profs enseignent,les chercheurs cherchent et les étudiants étudient,charge à eux de s´inscrire ultérieurement,avec “maestria” si possible,dans le monde d´aujourd´hui,”l´école ne pouvant pas tout”. L´insertion professionnelle des étudiants devient cependant un sujet ultra-sensible et les lenteurs se mobilisent pour lancer en douze ans un début d´enquête sur le devenir des diplomés.

Milieu professionnel influent et milieu enseignant sont imbriqués,les opérations d´architecture publique passant souvent aux mains d´enseignants (Concours d´ Architecture Publique,coûteux revers,pratique incertaine: 100 concours,25 gagnés,75 perdus ). Un architecte-enseignant ne souhaite donc pas une limitation du nombre des étudiants. Un Concours récent montre combien sont liés enseignement et profession; le lauréat: architecte/directeur d´école d´architecture; un membre du jury: autre directeur d´école d´architecture.

Les agences de travail temporaire sont par ailleurs le premier employeur d´architectes en France. L´une d´elles gère plus de 300 salariés par mois pour le compte de 2 000 clients,son fichier d´intérimaires totalise 4 000 noms,son chiffre d´affaires dépasse les 10 millions d´euros.L´équivalent de la production annuelle de diplômés suffit à peine à leur fonctionnement. Le réseau des écoles d´architecture est leur vivier. La promotion des métiers de l´architecture (et le surplus d´étudiants) va donc dans le bon sens.

La profession,quant à elle,a précarisé le salariat dans ses agences depuis de nombreuses années. Utile en effet de remplacer tel ou tel pour tirer sur les délais,complaire au financier,négocier le salaire à la baisse,les écoles jouant leur rôle de producteur de main d´oeuvre qualifiée toujours meilleur marché.

Dnxi pour Cyberarchi.com le 21/03/07

La France défigurée

Voici 30 ans que la loi sur l´architecture exige la signature d´un DPLG pour toute opération de plus de 170m2. Cette exigence n´est pas nouvelle. L´ activité de Monsieur Le Bris a toujours été limitée aux opérations inférieures à ce seuil. Le diplome n´est rien d´autre qu´une garantie de qualité offerte par l´Etat. Au nom de quoi vous et monsieur Le Bris pouvez-vous remettre en cause ce principe ? A quel titre ?Vous parlez de professionnel réputé compétent. Une bonne conception technique ne suffit pas à faire une bonne architecture. Travailler 70 heures ou plus par semaine n´est pas très positif (informatique). Le monde de la musique, en outre, n´est pas celui de l´architecture : un mauvais musicien est inoffensif, un mauvais architecte fait de gros dégats.Il est vrai qu´une grande partie du bati échappe aux architectes. La cause est à rechercher, selon moi, du côté des institutions, des écoles d´architecture et de leur tutelle, qui depuis trente ans minent la profession. Une politique de non-séléction a, sur la longue durée, un double effet pervers. Public inadapté aux exigences d´une profession complexe (seuil neuronal) menant à une prolifération de petits professionnels artisans sans structure professionnelle au bord de la faillite. Distribution irresponsable de très nombreux diplomes (planche à billet) qui dévaluent le titre. Le marché n´est pas extensible à l´infini, les lois de l´économie ont toujours le dernier mot (voir la crise actuelle des stages de professionnalisation).Donner de la substance aux politiques d´urbanisme et d´aménagement est l´enjeu. Encore faut-il en avoir les moyens intellectuels et matériels.

Votre réponse à “La France défigurée” est, comme dirait ma veille tante de banlieue, “frappée au coin du bon sens”. A propos de “bon sens” voici ce qu´écrivait Roland Barthes dans “Mythologies” en 1957:” Son rôle est de poser des égalités simples entre ce qui se voit et ce qui est, et d´assurer un monde sans relais, sans transition et sans progression. Le bon sens est comme le chien de garde des équations petites bourgeoises: il bouche toutes les issues dialectiques, définit un monde homogène, où l´on est chez soi, à l´abri des troubles et des fuites du “rêve” (entendez d´une vision non comptable des choses).”Pour ce qui est de “l´architecture libre” comme vous dites, voir peut-être du coté de Jean Vilar (“la liberté est un domaine ingrat”).

“Un monde sans relais, sans transition, sans progression”. Se construisent aujourd´hui en France environ 400.000 logements par an. Une “honnête” structure professionnelle d´architecture -4/5 personnes environ- doit concevoir une centaine de logements à l´année pour se maintenir commercialement; le nombre utile d´agence d´architecture peut donc idéalement être estimé à 4000 environ.L´ordre des Architectes nous dit: “La France compte 26.696 architectes et agréés en architecture inscrits au tableau de l’Ordre, sur environ 40.000 diplômés. 1500 diplômés sortent chaque année des écoles d’architecture.”Ce ratio de 1/7 (utile/effectif) rabaisse la production de l´”honnête” structure professionnelle d´architecture française à une quinzaine de logements par an. Cette échelle d´intervention ne permet ni relais, ni transition, ni progression; il s´agit là plutôt de “boutique” (1) ou d´hyper-présence médiatique (2).

(1) “la petite bourgeoisie, du moins celle de M. Poujade (Alimentation,Boucherie), possède en propre le bon sens ..” (R. Barthes, Mythologies,1957)
(2) “Le Ministère de la Culture et de la Communication a qualifié notre architecture d´”ultra-violente” (Coste-Orbach)

Dnxi pour Cyberarchi.com le 23/09/06

Réforme LMD

La réforme LMD 3/5/8 (Licence/Maîtrise/Doctorat) des études d´architecture fait l´impasse sur les études de projets urbains possibles seulement en fin de cursus après acquisition des fondamentaux de projetation en 1er et 2nd cycle,le passage aux échelles de l´urbanisme se faisant naturellement en troisième cycle (town planning et urban design chez les anglo-saxons ).Les écoles d´architecture françaises n´ont pas pour vocation l´entretien d´une caste d´enseignants jouissant de façon quasi exclusive de l´accès aux concours de la commande publique, fussent-ils candidats à l´élection présidentielle.Elles ont pour vocation la formation de professionnels opérationnels capables de transformer favorablement le cadre bâti, se répandant régulièrement et en grande quantité sur le territoire national.

Dnxi pour Cyberarchi.com le 18/12/2006

Observatoire

Un nombre d’étudiants en totale contradiction avec les lois de l’économie de marché avec pour conséquence une paupérisation de la profession (effondrement des salaires, niveaux de rémunération aberrants).Les cursus non sélectifs et le laxisme institutionnel annulent les efforts budgétaires tout en gonflant le nombre des enseignants. Un simple comptage arithmétique suffit à discréditer le système :un nombre d’enseignants supérieur à celui des architectes diplomés chaque année.

La mission institutionnelle et le privilège quasi exclusif des écoles d’architecture restent la formation des professionnels de la conception de bâtiment.Les écoles d’architecture sont le seul espace d’enseignement simultané des sciences humaines, des techniques constructives, des arts plastiques et de la conception de batiment.La notion de “métiers de l´architecture” est ambiguë car elle ouvre la porte à la politique d’amalgame et permet de couvrir d’un voile pudique les carences d’un enseignement dont la mission primordiale reste la formation à une maîtrise d’oeuvre effective au plan national.Cette politique permet aux professionnels issus des filières scientifiques et techniques d´occuper le terrain et d´assurer à terme la quasi totalité des missions de maîtrise d’œuvre.

L’enseignement de l’architecture c’est 15 000 étudiants, 1500 enseignants,1500 diplômés annuels, la profession c’est 125 agences de plus de 20 personnes.

Dnxi pour Cyberarchi.com Mars/Juin 2005

Le stage HMO

La signature d´un contrat de travail pour stage d´Habilitation à la Maîtrise d´Oeuvre (HMO) semble possible pour les agences d´architecture de plus de dix personnes,l´effort financier étant alors inférieur à 10% des ressources globales ; cette signature paraît en revanche difficile pour les agences de petite taille,poste informatique et licence Cao additionnels étant hors d´atteinte des moyens d´une petite structure. Jusqu´à aujourd´hui 1500 diplômés annuels ; 1500 demandes “HMO” à prévoir,1500 contrats de travail à signer.L´INSEE (“Alisse-742A Activités d´architecture”) nous renseigne sur le nombre d´agences susceptibles d´accueillir un “stagiaire HMO”: 1502 agences d´architecture de plus de 10 personnes aujourd´hui en France. Sur la base d´un stagiaire par agence,la durée possible du stage d´habilitation à la maîtrise d´oeuvre semble donc être d´une année.

Il y a donc selon l´Insee 29.060 agences d´architecture actives en France à la fin 2004,dont 27.558 de 0-5 salariés,1408 de 6-19 salariés,85 de 20-49 salariés et 9 de plus de 50 salariés. Comme je le disais précédemment (“Durée possible du stage HMO”) la porte d´accès à la validation du stage d´habilitation paraît bien étroite,les agences de plus de 6 personnes n´étant pas plus nombreuses que les postulants – 1500 environ chaque année.
L´annuaire de l´Ordre des Architectes donne les adresses de toutes les agences de métropole et dom-tom. En quoi l´impétrant HMO diffère-t-il du professionnel à la recherche d´un emploi ? Le réseau ANPE semble ouvert.

A ce propos,le contrat HMO s´inscrit-il dans la convention collective des architectes et dans le code du travail ? Pour l´Ecole de Rennes vouloir valider le HMO n´est-ce pas un archaïsme ? Son enseignant-architecte le plus connu – J.Ferrier – nous disait récemment : “L´idée que seuls sont architectes ceux qui travaillent en agence est un archaïsme”.

Dnxi pour Cyberarchi.com Mars/Mai 2007

Architecte

De mon point de vue une licence de géographie est intéressante car offrant des débouchés plus diversifiés qu’archi,la géographie pouvant amener à l’aménagement et à l’urbanisme. Je trouve curieux cet engouement pour les études d’archi alors que c’est vraiment une profession de crèves-la-faim (voir rapport du sénat 2004).

Pour ce qui est des horaires hebdomadaires en agence d’architecture,il n’y a pas de règle générale (cette profession ne respecte que très rarement la législation sur les horaires de travail ou sur les conventions collectives). Personnellement,je faisais environ 9 heures par jour dans les années 80,arrivant à 9 heures et partant vers 19 heures avec une pause déjeuner d’une heure environ,soit 40/45 heures par semaine. Dans les années 90,mieux valait arriver vers 8h30 si tu voulais un renouvellement de contrat (cdd). On peut parler à ce sujet de racket sur les salariés précaires,le cas extrême étant celui d’”Architecture Studio”qui dans son entretien d’embauche met les choses clairement sur la table: “Ici il n’y a pas d’heures supplémentaires,les gens sont plus ou moins rapides,les moins rapides viennent le week-end”.

Il m’est arrivé aussi de travailler 23 heures d’affilé (Tecnova Paris 1988) et d’avoir du mal à me faire payer. D’autres agences pratiquent officiellement les 35 heures mais les conditions sont telles (personnel haineux) que les contrats ne sont pas renouvelés.

Dnxi pour Forum Cyberarchi.com le 02/05/2007

Commande publique

(Je suggère aux initiateurs de “L´Equerre d´argent” la création d´une section “hors compétition” pour les seniors “riches et célèbres”.
Leur coté “général putchiste couvert de médailles en chocolat de république bananière” frise le ridicule).

Seul le corps enseignant titulaire des écoles d´architecture bénéficie des revenus stables autorisant le travail à perte sur les concours de la commande publique. Le système dispendieux des concours génère chaque année 3000 projets non réalisés pour 1000 retenus attribués aux équipes de maîtrise d´oeuvre reconnues et sélectionnées sur dossier.Ce système engloutit de 15 à 25% du chiffre d´affaire annuel des agences, un gouffre à trésorerie pris sur la rémunération des collaborateurs (non respect des conventions collectives, heures supplémentaires non rémunérées, primes de fin d´année inexistantes, recyclage périodique du personnel sous contrat à durée déterminée ou recours au travail temporaire, usage de stagiaires non rémunérés, etc..)

Il faut bien sûr replacer tout ceci dans le cadre du projet “nouveaux métiers de l´architecture” cher à l´administration centrale, aux architectes-enseignants et aux pourvoyeurs de main d´oeuvre.

Dnxi pour Cyberarchi.com le 06/11/2006

Précarité

Les agences de travail temporaire sont le premier employeur d’architectes en France. L’agence n°1 gère plus de 300 salariés par mois pour le compte de 2 000 clients,son fichier d’intérimaires totalise 4 000 noms,elle reçoit chaque jour une trentaine de candidatures spontanées,son chiffre d’affaires dépasse les 10 millions d’euros; le réseau des écoles d’architecture est son vivier.

Le plus choquant c’est l’attitude générale de la profession d’architecte qui a précarisé le salariat dans ses agences depuis de nombreuses années. De ce point de vue il est temps de tout remettre à plat,en particuliers avec la situation nouvelle créée par la licence d’exercice HMO.

(Le travail temporaire est l’activité de service la plus rentable selon l’insee -taux de plus value estimé à 27.5% brut en moyenne- Nouveau métier de l’architecture : bien vendre ses confrères … )

Dnxi pour Forum Cyberarchi.com Mars/Mai 2007

Déontologie

Source Cyberarchi 070706
Posté le : 07/07/2006 15:20
Objet : Tu travailles plus ? Tu gagnes toujours 12.000 balles.

C´est bien ça. Entretien d´embauche “Architecture Studio” (27 Juin 1994 – 18h15) : “Ici il n´y a pas d´heures supplémentaires; les gens sont plus ou moins rapides; les moins rapides viennent le week-end.” Il serait intéressant de connaître la position de l´Ordre des architectes à ce sujet.
(Rappelons que Mme Dominique Boré, a quitté récemment ses fonctions de Déléguée Générale de l´Ordre des architectes d´Ile-de-France pour rejoindre un poste similaire dans le cadre de l’agence “Architecture Studio”).

Source Cyberarchi
Posté le : 21/12/2006 16:07

Architecture Studio,75/80 salariés en 2005,est un véritable leader national. (9 agences de plus de 50 personnes en France à la fin de l’année 2004 pour 29000 entreprises d’architecture déclarées à l’insee !!
(source:”http://www.alisse.insee.fr/Fiche.jsp?p=15956578″).
Dommage que cette entreprise jouisse depuis si longtemps d’une aussi désastreuse réputation en matière de politique salariale – 2000€ environ les 200 heures pour les bac+6 ! (…que fait la police..?!!) – alors que ses résultats financiers sont brillantissimes (www.société.com).

Message de : nathalie, projeteur confirmé_struct-MH, paris
Posté le : 09/11/2007 15:00
Objet : Inacceptable

Les 1er à ne pas reconnaître notre profession d´architecte sont justement des agences comme Architecture studio qui vous font croire à l´entretien qu´ils veulent des gens créatifs bacs + 6 et qui à l´arrivée ne font de vous que de simples gratteurs payés comme stagiaires,qui n´ont comme interlocuteur que leur chef de projet et qui surtout ne doivent pas exposer leur point de vue !

On peut tout aussi reprocher ce contexte au rôle éducatif dplg qui rend obligatoire en fin de cycle un stage de 6 mois obligatoire créant ainsi de la bonne main d´oeuvre pas chére aux gros budgets de ces grosses agences et qui fait défaut sur le marché du travail. Ces architectes là sont les 1ers à ne pas respecter leurs prochains. Ah ! ils peuvent en faire de nombreux gros projets dans le monde ! A quel prix ! Heureusement il reste encore un peu d´humanité et d´humilité dans les structures moindres ce qui permet d´évoluer,d´échanger et de bosser à fond dans la confiance.

Source Cyberarchi 011206
Posté le : 01/12/2006 00:28
Objet : argument déontologique

L´ordre des architectes compte-t-il aussi faire appliquer rigoureusement la convention collective des cabinets d´architecture pour la rémunération des collaborateurs ? Les salaires de la profession posent en effet depuis quelques années un problème d´ordre déontologique, en particuliers dans certaines grandes agences de renommée internationale.
(voir aussi “http://www.cyberarchi.com/actus&dossiers/courrier-des-lecteurs/index.php?dossier=81&article=5351″)

Message de : DNXi, cao, ouest
Posté le : 14/03/2008 09:47
Objet : Je suis snooob

Faut pas déconner. 1500 euros net mensuel les 48 heures hebdomadaires Paris-intramuros,ça c´est un truc pour snobinard.

Message de : dnxi, cao, ouest
Posté le : 07/04/2008 16:04
Objet : Déontologie

Cette entreprise d´architecture pose problème depuis de nombreuses années: non respect de la convention collective des cabinets d´architecture,non paiement des heures supplémentaires. Que fait l´inspection du travail ? Que fait l´ordre des architectes ?

Source ANPE.FR
Agence Nationale pour l’Emploi
Numéro d’offre 515892Q
Offre actualisée le 27/04/06

ARCHITECTE H/F
(Code Métier ROME 61211)
VOUS INTERVENEZ POUR DES DOSSIERS DE TRAVAUX CONCERNANT LES PARTICULIERS, LES ENTREPRISES ET POUR LES MARCHES PUBLICS. VOUS DEVEZ MAITRISER L’OUTIL INFORMATIQUE 2D ET 3D, LOGICIELS AUTOCAD OU ARCHICAD. EVOLUTION VERS UN POSTE A RESPONSABILITE DE LA CONCEPTION A LA DIRECTION DU CHANTIER.

Lieu de travail: 17 – SAINT-SAUVANT
Type de contrat: CONTRAT A DUREE INDETERMINEE
Nature d’offre: CONTRAT DE TRAVAIL
Expérience: EXIGEE DE 2 ANS MINIMUM OU DEBUTANT DIPLOME
Formation et connaissances:
DIPL. NIV. BAC+5 ARCHITECTURE SOUHAITE(E)

Qualification : Cadre
Salaire indicatif: MENSUEL 1 290 Euros (8 461,85 F)
SALAIRE A NEGOCIER AVEC L’EMPLOYEUR
Durée hebdomadairede travail
37H00 HEBDO SOUS CONTRAT NOUVELLE EMBAUCHE
Taille de l’entreprise 10 A 19 SALARIES
Secteur d’activité ACTIVITES D’ARCHITECTURE
Si cette offre vous intéresse, veuillez adresser votre CV et une lettre de motivation, en précisant le numéro de l’offre à :
AUDINET ARCHITECTURE
Mme MADE KARINE RUE DU MARCHE 17610 SAINT SAUVANT OU MAIL AUDINETARCHI@WANADOO.FR

ORDRE DES ARCHITECTES POITOU-CHARENTES
1, rue de la Tranchée86000 PoitiersTél : 05 49 41 46 71 – Fax : 05 49 55 34 22
Courriel : croa.poitou-charentes@wanadoo.fr
Composition du Conseil Régional :
PRESIDENT: JEAN-JACQUES BEGUE Architecte
VICE-PRESIDENTE: FREDERIQUE BUA Architecte
VICE-PRESIDENT: HERVE AUDINET Agréé en Architecture
…..
Guide de la classification professionnelle
Convention Collective Nationale des Entreprises d’Architecture
COMMISSION PARITAIRE NATIONALE DE LA NEGOCIATION COLLECTIVE 1er FEVRIER 2004
F – POSITION CADRE (V.1.5)
Le statut acquis de cadre ne peut être remis en cause, il est considéré comme un avantage acquis au sein de l’entreprise par les salariés à titre individuel.
Le positionnement du cadre se situe dans les qualifications à partir du coefficient 370 si les conditions sont remplies, et, dans tous les cas, est acquis au coefficient 400.
Valeur du point: 6.21
(dernière mise à jour : 24/04/2006)
Rappel généralités:
La valeur du point permet de calculer, en la multipliant par le coefficient hiérarchiques de la grille de classification instituée par la convention collective, la valeur minimale du salaire brut mensuel pouvant être versé à un salarié. Sa valeur est négociée par les organisations syndicales dans le cadre des commissions paritaires régionales. Elle est fixée annuellement et s’applique uniformément dans la région. Mais il est possible de prévoir des valeurs différentes par département. Elle est publiée officiellement sur le site http://www.legifrance.gouv.fr/ dans la rubrique conventions collectives.

Code des devoirs professionnels
Article 34
L’architecte employeur doit s’assurer de la compétence de ses collaborateurs …..
Il les rémunère en tenant compte des fonctions et des responsabilités qu’ils assument.

Bouffonnerie

Message de : anonyme posté le : 29/mai/2006 22:15
Objet : Ecole d´Athènes

* j´crois que t´as jamais vu l´état de décrépitude avancé des écoles parisiennes d´architecture;.. en particulier la mienne (Paris Val de Seine). Une grosse école qui regroupera tous les sites est en conctruction et donc, depuis quelques années, tout est plus ou moins laissé a l´abandon.
* Toute façon, c´est pas méchant mais la réput des ecoles d´archi de Paris est plus à faire ..
* …. c´est un bordel monstrueux… depuis 3 ans j´ai des notes qui sortent de nulle part, des trucs j´sais pas cke c´est des sujets bidons enfin bon n´importe quoi…. j´suis en atelier donc on devait à la base avoir 5 ou 6 profs pour les 5 années ; là il en reste 1 seul dans notre atelier pour les 3 4 et 5 ème années… autant dire qu´il est debordé… n´importe quoi c´est meme plus une école… Dailleurs elle se désertifie de plus en plus… sert a rien d´y aller. (je parle de mon école en particulier : EAPVS site de charenton) ….. d´un autre coté en atelier t´apprends à te débrouiller … Ca apporte beaucoup en pratique mais en enseignement théorique on a des lacunes monstrueuses. . .

Message de : Léon, économiste
Posté le : 30/mai/2006 21:37
Objet : ” Auprès de ma blonde …. “

Journal l´Humanité / Rubrique Politique / Article paru dans l´édition du 11 décembre 2000:
” … on ne compte à l’EAPLV que onze ordinateurs en libre service .. .. et une seule personne chargée de la maintenance informatique. Tout cela pour deux mille étudiants. “

Interview de Didier Henry : Président du conseil d’administration de la plus grande école d’architecture de France (2500 étudiants) (Paris la Villette) Février 2004 :
” Combien de diplômés construisent aujourd’hui ? 30% environ …Pour que l’enseignement soit au niveau, il faudrait une heure par semaine par étudiant…les étudiants ne peuvent prétendre qu’à des corrections groupées …Quelle est la tendance du nombre des inscriptions d’étudiants ? Cela augmente …nous sommes à 97% du budget de l’année dernière….La réponse que l’on nous donne : “Vous n’avez qu’a prendre moins d’étudiants….
A l’heure actuelle à la Villette , 105 enseignants titularisés (les revenus des enseignants statutaires commencent à 1600 euros/mois et peuvent arriver en fin de carrière à 5000 euros/mois environ …un enseignant titulaire doit 10H semaine) et 170 enseignants vacataires dits “permanents (les vacataires touchent 500 euros par mois pour 4h par semaine)… “

Message de : Léon, Economiste
Posté le : 26/06/2006 14:26
Objet : Premier Grand Prix de Bouffonnerie

Monsieur Castro, Architecte Enseignant Titulaire à l´EAPLV (Paris la Villette) la plus grande école d’architecture de France (2500 étudiants) nous dit: “Nous sommes dirigés par des gens qui demandent des sacrifices aux plus fragiles, qui n’en demandent, au contraire, aucun à eux-mêmes. Nous sommes dirigés par des gens qui se passionnent pour leur embauche … plutôt qu’à gouverner pour les uns, à préparer un projet pour les autres”.
Voici la liste des emplois proposées par l´EAPLV à ses 2500 étudiants depuis mars 2006 (rappelons qu´en 1995, la Cour des Comptes a tancé les vingt deux écoles d´architecture et leur tutelle de l´époque, les accusant de méconnaitre le devenir de leurs diplomés) :

-ADECCO RECRUTEMENT : deux Architectes en CDI.
-Agence d´architecture 4 personnes à Chartres : un poste à temps plein
-Agence d’architecture 6 personnes : architecte diplômé(e) CDD de 6 mois
-Mairie de Paris : jeunes diplomés contrat à durée limitée
-Agence Boulogne Billancourt : remplacement 1 mois
-Agence Paris 14ème : étudiants jusqu´en Juillet 2006
- Architectes de l´urgence : Assistance à la reconstruction 2 à 6 mois minimum
-Région Ile de France : étudiants pour stage rémunéré.
-ARVHA Association stage 2 à 6 mois prime 302 euros par mois avec 20 tickets restaurant

(source: http://www.paris-lavillette.archi.fr/etudiants/offresemploi.htm)

Sénat 2004

Posté le : 1/juin/2006 23:00
Objet : ” Remettez-moi ça patron ..!!! “

“L´évolution des trente dernières années n´a pas été favorable aux architectes. La crise du bâtiment et la diminution significative de leurs marchés traditionnels ont coïncidé avec une explosion de leurs effectifs. La conjonction de ces phénomènes a entraîné une paupérisation de la profession.”

“L´immédiat après-guerre a été particulièrement favorable au secteur du bâtiment qui a quadruplé en volume entre 1949 et 1973. Le choc pétrolier de 1973 a brisé cette dynamique au moment même où la profession, sous l´effet du baby-boom, du progrès de la scolarisation et de la suppression du numerus clausus dans l´enseignement de l´architecture amorçait un gonflement de ses effectifs. Au début des années 80, la réduction d´activité du bâtiment s´est accompagnée d´un repli des travaux réalisés par les architectes. Entre 1985 et 1991, l´activité du bâtiment croît de 45%. A partir de 1991 et jusqu´en 1996, une récession spectaculaire frappe à nouveau le secteur, l´activité des architectes baisse de 15%. A la fin des années 90, le secteur du bâtiment amorce un redressement sensible.

“Le nombre des architectes a commencé d´augmenter très fortement dans les années 70. Estimé à 14.500 en 1970, leur nombre total atteindrait quelque 39.500 aujourd´hui. Au cours de la même période, le nombre d´architectes inscrits au tableau ordinal est passé de 9.000 à 27.000. En France, le nombre de diplômés est passé de 416 par an en 1973 à 1.655 en 1984. La réforme de l´enseignement opérée en 1984 a provoqué en 1985 le pic de 2.259 diplômes décernés. Les effectifs se sont ensuite repliés autour de 1.000 nouveaux diplômés par an pendant la première partie des années 90 avant de remonter à 2.800 diplômés à la fin de la décennie.”

“Les chiffres relatifs aux jeunes architectes sont préoccupants : le recensement de 1990 comptabiliserait 10% d´architectes de moins de 30 ans. Leur population plonge à 4% en 1999 alors que d´importantes proportions de DPLG ont été formées depuis le milieu des années quatre vingt-dix. Les moins de 40 ans représentaient 48.% des inscrits en 1983, ils n´en représentent plus que 25% en 2000. Cette situation est d´autant plus regrettable que, dans le même temps, leur formation n´a cessé de s´améliorer, et que les jeunes architectes représentent aujourd´hui un potentiel de conception et de création remarquable. Les tranches d´âge supérieures, elles, ont vu leurs effectifs augmenter globalement depuis le début des années 1990 : + 108% pour les 40-49 ans, + 71% pour les 50-59 ans, et + 97% pour les 60-69 ans au cours de la période 1983-2000.”

“Cette situation est grave : quel est l´avenir d´une profession qui enregistre une telle hémorragie de jeunes talents ? Comment cette profession pourra-t-elle survivre si des jeunes qui s´y sont destinés au terme de cinq années d´études, sinon plus, désespèrent de pouvoir exercer convenablement leur métier et s´en détournent ?”

(Senat Rapport Nov. 2004 de la Commission des Affaires Culturelles)

INSEE 2004
Effectifs des Ecoles d´Architecture :
1990-1991: 15702 Etudiants
2000-2001: 15997 Etudiants
2003-2004: 18234 Etudiants

DAPA
Effectifs des Ecoles d´Architecture :
1998: 18539 Etudiants dont 17748 DPLG
2006: 19268 Etudiants dont 18156 DPLG

Gouvernement

Source cyberarchi 240506
Posté le : 24/mai/2006 23:25
Objet : “oui, voilà, rejetons la faute sur l´autre c plus facile”

“…je me suis dit qu´avec le baby boom et le départ en retraite et bien il y aurait de la place
-le baby boom ..!! il faut savoir qu´un architecte prend sa retraite vers 75 ans et encore certains continuent; bon alors si tu pensais à faire autre chose
-j´ai deja déboursé des sommmes colossales
-les écoles d´archi ne sont pas très sélectives, c´est dommage d´y aller avec un bac s
-je te dis tout de suite que si tu n´as pas de patrimoine personnel tu auras du mal
-jme suis bien douté que yaurai des sous a dépenser, ha ha, oui…dis ça à mes parents!
-c´est justement, tes parents vont faire la gueule quand tu auras ton diplome et que tu seras au smic, car si tu n´as pas de patrimoine tu seras salarié comme moi
-rolala, c la galere,au debut tu le savais ça?
-au début il y avait du travail et très bien payé maintenant il y a moins d´activité et dix fois plus d´architectes grâce aux écoles d´archi
-mais j´aimerais bien savoir ce que tu as fait comme études concrétement, et puis pourquoi tu en es la maintenant
-ce que j´ai fait : les trois cycles d´archi après un bac maths; pourquoi j´en suis là ? je suis le marché de l´emploi, la profession marche beaucoup en cdd il n´y a que très peu de cdi; ça c´est pour les salariés;
les écoles donnent un diplome pour être architecte libéral avoir ta clientèle mais ça sans patrimoine c´est très difficile car sans client tu n´as pas de revenu
-si c´est pas indiscret tu gagnes combien en ce moment?
-les revenus selon les années varient de 1 à 3 smics; en ce moment depuis 6 mois en assedic c´était 1 smic le mois prochain si je n´ai rien c´est le rmi
-et partout en france y a rien!!!
-en france très peu et très mal payé
-et pourquoi très mal payé?
-parce qu´il y a trop d´architectes, parce qu´il y a trop de gens comme toi qui font archi
-nan c pas a cause de moi, c a cause du gouvernement par exemple (n´abordons pas ce sujet ça va m´énerver…)
-oui c´est à cause des hypocrites de la culture et des architectes profs en école d´archi
-oui, voilà, rejetons la faute sur l´autre c plus facile…”

“Le Hic c’est ….”
Source cyberarchi 310506
Posté le : 31/mai/2006 22:13

“J’aimerai savoir à qui parler de l’exploitation des jeunes architectes, de leurs salaires de femme de ménage, des mensonges des écoles d’architecture ..dont les seuls à tirer leur épingle-du-jeu sont les enseignants titulaires, de la médiocrité intellectuelle et surtout humaine de ce secteur ; de l’escroquerie des concours, de la loi du silence concernant les pratique plus-que -douteuses de certaines agences dont les propriétaires, par ailleurs enseignants, se gaussent dans des discours éthiques à pisser de rire, de la connaissance et surtout la complaisance de ces situations; de probable disparition …plus ou moins proche du métier d’architecte…”

“salut! je suis en troisieme année à belleville, et j´ai l´intention de m´installer. Parler de la disparition du metier est quand meme un peu poussé non? J´ai l´impression que l´on a jamais autant parlé d´architecture… dans les journaux, à la télé, à la radio. …, j´aime ce metier et je crois en lui. Maintenant c sur que la profession est en crise, mais à mon avis elle est en crise parce qu´on donne le diplome à n´importe qui. Alors c sur, le trou duc qui n´a jamais fait d´étincelles lors de ses études peut avoir du mal à trouver du taf.”

“Si tu as l’intention de t’installer je te souhaite bien du courage, si tu as des parents architectes ou des relations tant mieux; ..tu pourras réaliser ton rêve si tout va bien dans environs 5 ans, espérons que tu seras dans le même état d’esprit. Cela va faire 15 à 20 ans que la profession est en crise. Ce plutôt chronique. Et c’est voulu…Qu’on donne des diplômes à n’importe qui ça c’est dans toutes les professions. Seulement si l’on voulait protéger la profession d’architecte il suffirait de faire comme les médecins ou les pharmaciens: faire un « numerus clausus » . pourquoi cela n’est pas fait ? Les « trous duc qui n’ont jamais fait d´étincelles» comme tu dis, c’est ceux-la mêmes qui souvent réussissent le mieux …Si c’étaient les meilleurs qui construisaient ça se saurait, et surtout ça se verrait .”

“Un exemple, connais bien de jeunes filles ayant fait d´étincelles lors des études, ici et ailleurs, ayant reçu des félicitations de jurys et toute la pantomime qui va avec. Et bien ces mêmes personnes n’arrivent pas à trouver un emploi depuis des années. Pourquoi ? ..Dans certaines agences, j’ai vu des projets assez élaborés fait par des camarades (sympas d’ailleurs) ayant juste un CAP ou BEP. Je ne veux pas non plus décourager les vocations, du taf il y en a ,et il y en aura, faut bien que les vieux archis crèvent un jour. Le hic c’est un problème humain, c’est un problème de mentalités exécrables.”

La Closerie

Source Cyberarchi 280306
Posté le : 28/mars/2006 14:39
Objet : Un monde relativement clos ….

La Direction de l’architecture et du patrimoine a sollicité en 2002 le regard d’un sociologue sur les “Nouveaux Albums de la Jeune Architecture” (NAJAS). Extraits:

“….les mieux notés privilégient très clairement l´investissement à rentabilité différée. A la manière des économies des mondes de l´art, économies inversées où l´on ne travaille pas pour gagner sa vie mais où l´on gagne sa vie pour travailler, ces jeunes architectes calquent leurs pratiques et leurs trajectoires sur celles de leurs collègues “artistes” au sens large, et ne produisent plus selon les normes (ordinaires) qui sont celles de l´économie.
Ce n´est pas un hasard, par exemple, si les deux tiers des lauréats ont créé leur structure depuis moins de 3 ans.
Un peu à la manière du statut des “intermittents du spectacle”, le monde de ces formules promotionnelles a donné, au fil des ans et raréfaction de la commande aidant, naissance à des figures de jeunes architectes un peu atypiques – ou très typiques suivant le point de vue que l´on adopte. Leur “activité” hésite entre les concours “exceptionnels” dans tous les sens du terme, de l´anodin concours post-estudiantin au concours d´idées prestigieux en passant par les activités aux marges du champ artistique, prestigieuses et souvent publiées mais peu rémunératrices.

Quant à leurs revenus, ils alternent entre les allocations-chômage issues de piges, ou des courtes périodes de salariat et des charrettes au sein d´agences renommées, les bourses et les diverses formules d´aide, les petites commandes de type scénographies ou maisons individuelles, les vacations d´enseignement au sein des écoles, et enfin quelques revenus tirés de publications ou d´activité d´écriture et/ou de recherche. Le tout pour tenir à bout de bras une petite structure montée en associés à la fin des études… Il faut donc accepter les profits différés, et en clair, s´installer précairement en libéral, et manger d´abord financièrement son pain noir selon les principes désormais séculaires, depuis Zola, “L´oeuvre et les Impressionnistes”, de la bohème artistique. Ont ainsi été systématiquement écartés des candidats qui se sont installés en libéral et ont dû accepter sans exigences spécifiques les commandes – “commerciales” – qu´ils ont pu démarcher : “l´architecture de promoteur”, comme on dit (et qui se reconnaît d´ailleurs au premier coup d´oeil sur le trait – clair – et la qualité des rendus – aux tons pastels ou au contraire au mauvais emploi de couleurs criardes), a été mal notée et n´a pas sa place aux Albums.

Ces différentes formules circonscrivent certes un monde un peu clos, l´équivalent d´un “circuit”, avec ses règles et ses pratiquants réguliers, où l´on voit d´ailleurs très régulièrement les mieux notés avoir commencé leur activité, souvent en salariés au cours de leurs études, chez des architectes eux-mêmes récompensés vingt ou trente ans plus tôt dans ce cadre-là (nombre d´entre eux étant d´ailleurs d´anciens lauréats des Albums). En outre, le jury ainsi que le groupe des experts comptait également d´anciens lauréats des Albums. Un monde relativement clos, donc, où se dessine presque inévitablement une relative circularité des lauréats et certains modes de présentation standard (les “rendus Europan”, par exemple, totalement anonymes, sur 3 panneaux et la plupart du temps sur fond sombre – ou à l´inverse blanc -, ont certainement aussi contribué à fixer ces dernières années la norme d´un “bon projet”), mais c´est un investissement risqué dont on ne sort parfois jamais, ou alors dans l´apostasie.”

“Les “premiers collés” volontaires de l´architecture.”
Jean-Louis Violeau – Laboratoire ACS (EAPM – CNRS)